Les paysages occupent une place importante dans l’œuvre d’Yvan Gallé. Ils reflètent un artiste mobile, attentif aux lieux qu’il traverse et aux impressions visuelles laissées par ses nombreux voyages. Gallé se déplace beaucoup, en France comme à l’étranger, et sa peinture s’enrichit directement de ces déplacements.
Ses tableaux évoquent aussi bien des paysages côtiers que des scènes rurales ou montagneuses. Villages méditerranéens, ports, campagnes, reliefs escarpés ou étendues plus ouvertes composent un ensemble varié, sans hiérarchie apparente entre les sujets. Chaque paysage semble abordé pour ce qu’il offre à voir à un moment donné : une lumière particulière, une structure de relief, un équilibre entre les masses naturelles et les constructions humaines.
Ces œuvres sont principalement réalisées à l’huile sur toile, dans des formats très différents, allant de petites toiles à des compositions plus larges. La peinture est construite par zones, avec une touche visible et une attention portée aux volumes plutôt qu’au détail précis. Les couleurs, souvent franches, participent à la lisibilité de la scène et à la sensation d’espace.
Comme dans le reste de son travail, Gallé ne cherche pas l’effet spectaculaire. Le paysage est traité avec retenue, comme un motif familier, observé et retranscrit sans emphase. Ces peintures témoignent d’un regard constant sur le monde environnant, nourri par le voyage et par une pratique régulière de la peinture sur le motif ou d’après souvenirs visuels.
Le jardin d'un peintre
Il suffisait d’aller au jardin avec mon grand-père pour comprendre l’attachement qu’il lui portait. Nous y retrouvions en particulier les dahlias et zinnias qu’il affectionnait tant, mêlés à de nombreuses autres variétés. Le jardin, entretenu avec soin, se déployait en plusieurs niveaux : depuis une terrasse au premier étage de la maison, un escalier de pierre menait à un espace plus ombragé, offrant une vue de Poitiers par-dessus les toits. Quelques marches plus bas, on découvrait un jardin clos, structuré par des allées et des massifs fleuris, entouré d’arbres, avec un bassin couvert de nénuphars dans lequel vivaient des poissons rouges.
Il n’est donc pas étonnant qu’il ait consacré plusieurs tableaux à cet espace privilégié. Ces œuvres relèvent d’une production personnelle, sans destination commerciale, à l’image de ses portraits de famille ou de ses autoportraits.
Yvan Gallé s’est également inspiré d’autres jardins rencontrés au cours de ses voyages, notamment ceux de l’Alhambra à Grenade. Ces tableaux présentent des espaces construits et ordonnés, où végétation, architecture et couleur trouvent un équilibre commun.


















































