Fresques au domicile du peintre et autres
Dans la maison d’Yvan Gallé, rue des Carmélites à Poitiers, la peinture ne se limite pas aux toiles. À la fin des années 1940, l’artiste y réalise plusieurs décors muraux peints, intégrés à l’architecture et aux volumes de la maison.
Le hall, l’escalier, les chambres ou encore la salle à manger sont investis par des compositions à caractère mythologique ou symbolique. L’Âge d’or, Le Jardin des Hespérides, Le Soleil et la pluie ou encore La Naissance de Vénus transforment les murs en surfaces narratives, où figures humaines, animaux et végétaux prennent place dans une peinture volontairement décorative, pensée pour accompagner la vie quotidienne.
Ces ensembles, peints directement sur les murs, témoignent d’une pratique proche de celle du décorateur et du fresquiste, que Gallé développe parallèlement à son travail sur chevalet. Les formes sont simplifiées, les couleurs posées en aplats, et la composition tient compte des ouvertures, des angles et des circulations, rappelant que la peinture est ici conçue comme un élément constitutif de l’espace intérieur.
Cette approche globale se prolonge dans l’aménagement du salon, pour lequel Yvan Gallé dessine lui-même le mobilier à la fin des années 1940. Les lignes sont sobres, les volumes bien définis, sans recherche d’ornement. L’ensemble reflète un goût pour un mobilier fonctionnel et structuré, en accord avec les recherches décoratives de son époque, sans se rattacher à un courant précis. Plusieurs sculptures de sa création trouvent également place dans la pièce, prolongeant cette volonté d’unifier peinture, volumes et objets au sein d’un même cadre de vie.
Encore visibles aujourd’hui, malgré les altérations du temps, ces décors comptent parmi les réalisations les plus personnelles d’Yvan Gallé. Ils offrent un éclairage précieux sur un artiste pour qui la peinture ne relevait pas seulement de l’œuvre autonome, mais pouvait aussi participer pleinement à l’art d’habiter.















































